Déclaration de soutien
Nous soussignés, exprimons avec force et conviction que le monde a toujours besoin de l’UNESCO mais d’une UNESCO renouvelée et visible, solide et dynamique, Pour cela il faut qu’ elle se dote, pour les années à venir, d'un leader visionnaire et compétent, capable de faire face aux mutations d'un monde en perpétuelle transformation et qui sache traduire les idées nobles de la Charte de l'Organisation en des notions concrètes à même de transformer la vie de millions de personnes.
Par la présente, nous exprimons notre appui sans réserve à la candidature de Bruno CARNEZ pour le poste de Directeur General de l’UNESCO.
Notre choix est guidé par la conviction profonde que le monde aura besoin plus que jamais de s’occuper de la condition humaine et par conséquent de faire appel à l'UNESCO, une organisation dont l'objectif est de "contribuer par l'éducation, la science, la culture et la communication, à la collaboration entre nations afin d'assurer le respect de la justice et de la loi, ainsi que celui des droits de l'homme et des libertés fondamentales que la Charte reconnaît à tous les peuples sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion,,,".
Convaincus que le siècle de la MONDIALISATION est le siècle des privations grandissantes : déjà un milliard d’individus sans eau potable, presque un milliard d’illettrés, un nombre toujours grandissant de pauvres (extrême pauvreté), croisement des nouvelles épidémies (risque accrue des pandémies), épuisement prochain des sources d’énergie traditionnelle telle que pétrole, enfin des milliards d’hommes et de femmes ignorantes des dangers et des risques d’un développement qui ne respecte pas la nature et l’environnement, et donc l’HUMANITE ENTIERE - otage de soi-même et donc suicidaire.
Que la problématique mondiale est constituée des problèmes existants dans chaque société nationale ou locale. Elle n’est que le reflet multiplié de ces dernières. Chacun de ces problèmes porte atteinte à l’existence de l’être humain, à sa condition et surtout à sa sécurité. Voici pourquoi la notion de « SECURITE HUMAINE » doit constituer l’objectif ultime et la mission principale de la coopération multilatérale des institutions du système des Nations-Unies (ONU).
C’est pourquoi le caractère noble de la mission et du mandat de l’UNESCO nous oblige à relever de nouveaux défis. Ces impératifs sont apparus clairement et avec lucidité, il y a soixante ans, aux auteurs de la Charte qui comprirent le rôle que l'éducation, la science et la culture avaient à jouer pour assurer au monde un avenir meilleur. Des principes qui, pour l’immense majorité des êtres humains vivant sur notre planète, restent encore, hélas, un idéal lointain, une simple lueur à l’horizon, alors que notre responsabilité vis-à-vis des générations futures s’accroît d’heure en heure. Les défis sont encore nombreux et de taille.
Oui, la paix s’est construite peu à peu grâce aux percées du droit international dans de nombreux domaines. Elle a surtout avancé là où les sociétés et les hommes ont su assurer leur cohésion, leur progrès dans le respect des droits de l’homme en se dotant de structures démocratiques et en passant du développement à une entreprise commune, c’est-à-dire en veillant à ce que les fruits soient justement partagés. Cependant, nombre de ces sociétés sont aujourd’hui menacées par ces ennemis sans visage que sont le chômage, la pauvreté et l’exclusion qui s’aggravent chaque jour davantage.
Le monde d'aujourd'hui est un monde d'abondance, dominé par des progrès scientifiques sans précédents et des découvertes technologiques remarquables. S’il est vrai que l’histoire n’est pas finie, l’histoire immédiate - celle que nous vivons - n’est pas un bricolage ou un mécanisme qu’il suffit d’huiler quand il se bloque. Nous avons affaire aux aspirations de milliards d’êtres humains sur tous les continents à qui il faut assurer un présent plus tolérable tout en leur permettant de concevoir l’avenir comme un projet dans le respect de leur dignité et de leur culture.
Les nations se replient sur elles-mêmes et les riches tournent le dos aux pauvres. Les femmes et les minorités sont toujours l’objet d'inégalités voire d'injustices. La société de demain, celle du savoir, continuera à favoriser les personnes ayant eu accès à un bon niveau d'éducation, les esprits brillants et les puissants. Les institutions ayant la responsabilité de l'éducation seront amenées à faire face à des défis de proportions jamais égalées jusqu'à présent.
En conclusion, la coopération multilatérale doit adapter son action, ses structures et ses ressources aux défis et aux exigences de XXIème siècle. La SECURITE HUMAINE doit être au cœur de son action. Mais, PAIX, ENVIRONNEMENT ET DEVELOPPEMENT DURABLE représentent la triade autour de laquelle doit s’organiser tout un tissu d’activités diverses impliquant tant les gouvernements que les sociétés civiles ou l’être humain. Notre domaine spécifique, c’est la vie de l’esprit, la valorisation de l’esprit humain. Apprenons à investir dans cette intangibilité qu’est la créativité humaine dans l’acquisition, le transfert et le partage des connaissances qui sont la clé de voûte de tout processus d’émancipation individuelle et collective.
L'UNESCO a pour mandat de s'attaquer à nombre de ces problèmes. En plus, aujourd’hui elle doit faire la preuve d’être capable de les résoudre. En d’autres termes le moment est venu pour la cristallisation de sa vision et l’affirmation de son action. L’heure de la vérité sonne pour l’UNESCO comme pour l’ensemble du système des Nations Unies (ONU). C'est pourquoi elle a besoin d'un Directeur Général qui soit dévoué à cette mission : une personne qui se distingue par ses qualités de visionnaire et par son dynamisme, et son sens inné de la gestion et une capacité forte de la communication ; enfin, une personne dotée d'une vaste expérience, totalement dévouée à la défense de la dignité humaine, de la paix, de la justice et de la liberté.
Seul un Directeur Général possédant ces qualités sera à même de garantir que l'UNESCO puisse jouer le rôle qui lui incombe, celui de promouvoir l'éducation, la science et la culture, fondations essentielles pour bâtir un monde meilleur et plus sûr, dans lequel l'Humanité, que les peuples ont en partage, sera respectée, notre patrimoine honoré, et notre diversité culturelle reconnue, et valorisée. En un mot, une société humaniste, qui ouvrira la voie à un développement durable, se fera l'écho de la cause des femmes, mettra l'Homme au centre de ses préoccupations, respectera la diversité de notre monde et sera soucieuse de préserver la dignité humaine.
Dans ce contexte, et tenant compte des limites financières de l'UNESCO, nous pensons que le nouveau Directeur Général devra se distinguer par les qualités suivantes:
- Une vision et des idées capables de rassembler les énergies, les ressources et les Etres Humains autour d'un objectif commun;
- Un gestionnaire chevronné, capable de mobiliser une structure administrative internationale démobilisée, de limiter les effets de la bureaucratie, de favoriser la créativité, d'attirer les talents et de motiver les nombreux partenaires de l'UNESCO afin que l'Organisation puisse remplir son mandat, avec efficacité, avec les ressources actuellement disponibles.
- Une personne forte qui est reconnue comme s'étant illustrée dans un ou plusieurs des domaines fondamentaux de l’UNESCO, capable de maîtriser les interactions entre ces thèmes et la façon dont ces synergies participent aux transformations sur la scène mondiale et répondent aux besoins du développement de l'Humanité;
- Un communicateur, capable de transmettre son message aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Organisation, de redonner à l’UNESCO « sa place et sa voix dans le Monde ».
- Un humaniste prêt a défendre les idéaux de l’Organisation dans des conflits pour construire la culture de la paix. Une culture de convivialité fondée sur les principes de liberté, de justice et de démocratie, de tolérance, aussi bien que de solidarité, une culture de prévention et une culture de la défense et de la sauvegarde du Patrimoine partout dans le monde et surtout dans des pays en guerre.
- Un Directeur général dont les principaux objectifs seront d’atteindre les plus démunis, réintégrer les exclus, faciliter l’exercice des droits civiques et la participation solidaire de tous au développement, apprendre à vivre ensemble et à construire ensemble en dépit des différends et des différences: tels sont, en substance, les principaux objectifs et la stratégie de l’UNESCO.
- Enfin, un Directeur général dont toute l’œuvre sera guidé par la vision : Le développement pour la paix, la paix pour le développement;
Nous considérons que Bruno CARNEZ répond entièrement aux critères précités.
C’est un dirigeant visionnaire dans le domaine du développement, son action recouvrant de nombreuses aires de préoccupation en termes de développement humain ; il est reconnu comme un innovateur, capable de réunir les compétences et les bonnes volontés des uns et des autres autour de projets d'intérêt commun, et est un fervent défenseur des causes des pauvres, des minorités, des femmes, et des populations les plus faibles et les plus marginalisées partout dans le monde ;
- Gestionnaire confirmé, maîtrisant de nombreuses disciplines, il possède des connaissances pointues sur un nombre important de dossiers, ce à quoi s’ajoutent une réflexion lucide et un esprit de synthèse lui permettant de traiter les problèmes dans leur globalité.
- il est l'auteur de nombreux articles et compte parmi ses contributions les plus remarquées, celles consacrées précisément aux trois grands domaines de l'IJNESCO : l'éducation, la science et la culture, sans oublier l’administration. Ses contributions sont connues au sein de la communauté œuvrant pour le développement, et par les institutions académiques de cinq continents.
- Remarquable communicateur d'idées, orateur talentueux et efficace, il se fait volontiers le porte-parole passionné et éloquent de la cause des pauvres, de la défense des Droits de J'Homme, de la dignité humaine et des droits des femmes, de la promotion de la culture, de la protection de l'environnement, de l'avancement de la science et de l'éducation. Autant de messages en totale harmonie avec les objectifs de l'UNESCO !
Partage des connaissances, des ressources, des valeurs - partage, clé de voûte de la démocratie et de la coopération intellectuelle - c’est sous le partage et la solidarité que le nouveau Directeur général souhaite voir l’UNESCO aborder les rives d’un nouveau siècle qui plus est celles d’un nouveau millénaire. Enfin, c’est un homme de convictions et de beaucoup de courage qui sont impératifs aujourd’hui pour surmonter l’apathie, l’inertie, la routine et les intérêts qui s’opposent.
C'est donc avec une conviction profonde que nous déclarons Bruno CARNEZ habilité à diriger l'UNESCO, et nous encourageons toute personne ayant une responsabilité dans l'élection du nouveau Directeur Général de l’UNESCO à fournir son appui à sa candidature
Signataire
Cette déclaration de soutien n'engage que la responsabilité personnelle des signataires et leur engagement ne peut en aucun cas être attribué aux organisations auxquelles ils appartiennent.
COOPERATION MULTIRATERALE AU XXIème SIECLE
Par Bruno Carnez
Président: Académie Internationale pour le Développement en Solidarité
Le siècle de la MONDIALISATION est le siècle des privations grandissantes : déjà un milliard d’individus sans eau potable, presque un milliard d’illettrés, un nombre toujours grandissant de pauvres (extrême pauvreté), croisement des nouvelles épidémies (risque accrue des pandémies), épuisement prochain des sources d’énergie traditionnelle telle que pétrole, enfin des milliards d’hommes et de femmes ignorantes des dangers et des risques d’un développement qui ne respecte pas la nature et l’environnement, et donc l’HUMANITE ENTIERE - otage de soi-même et donc suicidaire.
La problématique mondiale est constituée des problèmes existants dans chaque société nationale ou locale. Elle n’est que le reflet multiplié de ces dernières. Chacun de ces problèmes porte atteinte à l’existence de l’être humain et surtout à sa sécurité. Voici pourquoi la notion de « SECURITE HUMAINE » doit constituer l’objectif ultime et la mission principale de la coopération multilatérale et de ces institutions, telle que les Nations-Unies (ONU).
La problématique de la sécurité humaine au XXIème siècle est très complexe et diversifiée. Elle ne peut pas se limiter à la politique sécuritaire traditionnelle qui se résume souvent en simple augmentation des forces militaro-policières. Aujourd’hui, elle comporte des aspects aussi divers comme la sécurité alimentaire ou la sécurité informatique. Au cœur de la sécurité humaine se trouve les problèmes environnementaux, ceux de la préservation de la flore et de la faune, ceux de la désertification et du réchauffement de la planète, ceux du manque d’eau potable et de l’utilisation des nouvelles sources d’énergie, ceux de l’exploration des océans et de l’espace.
En même temps, compte tenu que dans l’avenir, il sera de plus en plus difficile et compliquer de maintenir la paix et l’ordre publique (vu l’interdépendance des phénomènes telles que la pauvreté, le chômage, l’immigration clandestine, la criminalité –du également à l’extrême pauvreté-) il sera judicieux à l’ère de la mondialisation (qui est, malheureusement, aussi l’ère des divers GENOCIDES humains –y compris administratif-) de développer la coopération transfrontalière, voir régionale et, en tant que de besoin, une coopération également militaire.
C’est aussi de tenter de répondre à la question : POURQUOI la coopération multilatérale ?
En même temps soulignons que les défis du Monde « mondialisé » ne peuvent pas être confrontés et résolus efficacement par les moyens d’une coopération bilatérale, qui a ses limites pour des raisons historiques, géographiques et scientifiques.
La coopération multilatérale doit s’organiser sur plusieurs niveaux :
- international certainement
- mais aussi et surtout au niveau régional ou continental (les Amériques, Asie, Pacifiques, Afrique, Europe)
- et sous-régionale (pays Arabes, pays des Grands Lacs, pays de Méditerranée)
- mais d’abord aux niveaux nationaux et locaux si l’on veut tenter de résoudre les envies des populations.
Vu les coûts et la complexité des sujets à traiter il serait judicieux de laisser pour la coopération multilatérale, au niveau INTERNATIONAL, uniquement un nombre de questions restreintes, telles que la Paix, le Désarmement et l’Environnement. Un calendrier précis devra être établi avec des dates butoirs. Le nombre des sujets pour la coopération REGIONALE sera plus nombreux et tous seront liés aux problématiques du développement. La coopération au niveau NATIONALE et LOCALE (provinces, communes) devra être la plus varié et directe (commune à commune, école a école, entreprise à entreprise, famille à famille). Cette dernière forme de coopération « multilatérale » devra être confié de plus en plus à des organisations de proximité de niveau non gouvernemental. Dans tous les cas, la nécessité de rendre des comptes et d’être sanctionné devra être un préambule à toutes les formes structurées d’organisation.
LE BESOIN DES INSTITUTIONS APPROPRIES
Aujourd’hui l’ONU, l’UNESCO surtout, et les Secrétariats de ces nombreuses institutions et agences - c’est un jardin botanique ou rare sont les espèces qui répondent aux exigences de la compétence, de l’efficacité et de l’intégrité requises pour remplir leurs missions : assurer le bien de l’être humain dans un monde de paix où il fait bon vivre !
Nous avons plutôt affaire avec un vaste bouquet de fleurs, dont la seule originalité est leur appartenance à diverses nationalités, mais aussi et surtout à une famille (au sens tribal) dirigeant politique ou économique de leur pays. Ces « élites » ne sont pas présentes pour travailler pour le bien de l’humanité entière. Non, ils sont la pour « représenter », souvent sous une couverture diplomatique, les intérêts égoïstes de leurs clans politiques ou leurs familles, ou tout court, leurs propres intérêts. Ce sont les profiteurs du système et ils ont majoritaires.
J’estime qu’aujourd’hui ils représentent 85% du personnel des Nations Unies. Personne ne trouvera parmi ces gens, ceux qui sont issus d’une famille pauvre où de l’immigration. Ils ont été « éradiqués » ; l’exemple de l’Unesco des années 2000 est révélateur ! Le système de quotas géographiques est une faible garantie contre l’hégémonie des pays riches. La plupart des fonctionnaires du système « ONU » provient des pays du Nord.
Autre déficience -c’est le profil du personnel. Aujourd’hui la majorité absolue des employés sont des administratifs (souvent avec la spécialisation finance – commerce). Ces gestionnaires de BUSINESS (peu importe le domaine – agriculture ou culture) sont tous doté de diplômes MBA ou similaires, mais ils sont totalement incompétents dans les domaines qui composent aujourd’hui la problématique mondiale telle que décrite au début de cette note.
La mondialisation ne se résume pas au commerce international et à sa « bonne » gestion. Elle exige un autre corps de professionnels : scientifiques, ingénieurs, éducateurs, médecins, psychologues, artistes, gens de la communication. A ma connaissance, ces dernières catégories représentent aujourd’hui entre 15 et 25% des ressources humaines au Nations Unies, alors qu’ils devraient y être majoritaires. La domination des administratifs et des comptables au sein des institutions du système des Nations Unies mène à une totale technocratisation, voir bureaucratisation du système et de ses méthodes de travail. C’est aussi pour cette raison que De Gaulle a appelé l’ONU « ce grand machin ».
Les problèmes du monde humain exigent une approche humaniste et non pas technocratique. De plus, les technocrates de l’ONU ne sont pas capables d’apporter la réponse aux questions que se pose chaque gouvernement au moment de verser la contribution « obligatoire »: combien ça nous coûte « ce grand machin » et qu’est que il nous rapporte, au moins, en terme financier ?
C’est pour cela, entre autre que les USA, puis la Grande Bretagne, avaient quitté l’Unesco dans les années 1985 et le rapport fait, à l’époque, au gouvernement français y faisait référence ; mais aucune suite ne fût donnée.
LE PRIX A PAYER
Chaque fois, il faut se poser la question : quelle prix l’humanité va t’elle payer pour l’absence, voir la non-ingérence ou la non-intervention de la communauté internationale dans la résolution d’une crise où dans la prévention d’un conflit où d’une catastrophe. Et combien coûte à l’humanité, l’absence de cohérence entre l’action des différentes agences de Nations Unies où la compétitivité au lieu de la complémentarité?
Il serait utile de la part des Etats d’exiger des réponses aux questions telles que : Ca nous a coûté combien, l’absence de l’UNESCO dans la tragédie de Tsunami du décembre 2004 ? Et le retard de l’ONU dans les tragédies du Darfour et du Niger ? Le prix en vies perdues peut-il aussi se chiffrer en monnaie. Combien de millions de dollars USA l’humanité a perdu a cause de ces trois catastrophes ? Quelle est la part de responsabilité des Nations-Unies, de son secrétariat et des états membres présents au conseil de sécurité ?
La responsabilité personnelle et l’obligation de rendre des comptes, est encore une question difficile pour un système, où la plupart des fonctionnaires est protégée par un statut dit « diplomatique ». A quoi sert ce statut pour quelqu'un qui s’occupe de la fabrication des documents ou de la gestion administrative dans un bureau à New York, Genève, Vienne, Nairobi ou Paris, qu’il ne quitte jamais ?
Les fonctionnaires bénéficiant du statut diplomatique ne devraient représenter que 10% du personnel dans les agences, au Siège, et encore. Le reste du personnel doit être considéré comme technique et choisi selon des critères professionnels, pour des missions au plus de trois ans au siège et plus sur le terrain. Cependant, la notion de retour dans leurs pays d’origine doit être prise en compte et, ils doivent pouvoir être intégrer, sans conditions, dans les « structures » de leurs pays pour faire profiter de leurs expériences. Le statut diplomatique pourrait être attribué uniquement soit pour des missions ponctuelles qui comporte un risque pour la vie humaine (missions CAFOR), soit pour ceux qui travaillent en permanence dans les zones à risque.
En conclusion, la coopération multilatérale doit adapter son action, ses structures et ses ressources aux défis et aux exigences de XXIème siècle. La SECURITE HUMAINE doit être au cœur de son action. Mais, PAIX, ENVIRONNEMENT ET DEVELOPMENT DURABLE représentent la triade autour de laquelle doit s’organiser tout un tissu d’activités diverses impliquant tant les gouvernements que les sociétés civiles ou l’être humain.
Deux thèmes sont porteurs de l’avenir pour les sociétés de demain :
« Libertés et Démocraties » (avec un accent particulier sur la
véritable signification du libéralisme - politique, économique ou
autre) et « Echange des Connaissances » (si on veut vraiment
construire les sociétés des connaissances « Knowledge Societies »
et si nous voulons combattre l’ignorance).
FERMETURE DU CEPES
Le CEPES (Centre européen pour l’enseignement supérieur de l’UNESCO) a été créé en 1972 avec pour siège Bucarest, Roumanie. C’était le premier et jusqu'à la fin des années 80, l’unique antenne de l’UNESCO en Europe de l’Est. D’essence francophone, bien sur. Lieu des rencontres privilégiées dans le domaine de l’enseignement supérieur entre l’Occident et l’Est, le Centre a connu l’apogée de son action au cours des années 90 avec la chute du mur de Berlin, la disparition de l’URSS et l’entrée des pays de l’Est dans l’Union Européenne. A partir de cette période le CEPES devient un véritable laboratoire pan-européen en charge de la réflexion et de l’action régionale sur les politiques et la réforme de l’enseignement supérieur en Europe, en liaison avec le BIE (bureau international de l’Education). A partir de 1992 le CEPES travaille étroitement avec le Conseil de l’Europe sur l’élaboration d’une Convention pour la reconnaissance des diplômes d’enseignement supérieur en région Européenne et à partir de 1997 (la date de l’adoption de cette Convention) le CEPES deviendra un partenaire privilégié du Conseil de l’Europe et de la Commission Européenne dans le processus de Bologne visant le rapprochement des systèmes d’enseignement supérieur en Europe, y inclus les pays de l’ex-URSS. Au début des années 2000 le CEPES à réussi obtenir d’important fonds extrabudgétaires de la part de la Commission Européenne (500,000 US dollars en 2001-2004) et du Japon (200,000 en 2001-2003).
Compte tenu de la richesse exceptionnelle (tant en ressources humaines que documentaires) de cette source de connaissance commune en Europe (centre de documentation, centre des conférences et débats allant du niveau des universitaires jusqu'au niveau le plus haut des ministres, lieu de parution d’un journal trimestriel international « Enseignement supérieur en Europe » paru en Français et en Anglais (l’une des trois publications les plus renommée dans ce domaine en Europe) et d’innombrables études comparatives et recherches, le CEPES jouit d’une réputation reconnue par les milieux universitaires et les décideurs en Europe. Son Comité d’administration inclut des représentants imminents du monde universitaire et politique européen (y compris les représentants du Conseil de l’Europe, de la Commission Européenne, de l’OCDE et de l’Association des Universités Européennes). Le CEPES se réjouit d’un soutien (logistique et financier- 30,000 dollars US annuellement) sans faille du Gouvernement roumain. Le CEPES compte à ce jour 21 fonctionnaires (1 directeur (canadien anglophone), 2 professionnels internationaux (ressortissants UK et Allemagne), 3 fonctionnaires professionnels et 15 de services de nationalité roumaine).
Comme toutes les antennes de l’UNESCO dans le monde (en nombre total de 72 avec un budget annuel d’environ 37 millions dollars US) le CEPES est financé par l’UNESCO. La dotation annuelle de l’UNESCO s’élève à 230.000 dollars US. (ce qui est assez bon marché vu la nature des activités du CEPES et le profil de son personnel). Il faut signaler que tous les chiffres ci avant sont approximatifs, compte tenu du fait que les documents de l’UNESCO pour 2007 et 2008 ne mentionnent plus les budgets alloués individuellement aux antennes de l’UNESCO. Le DG actuel de cette organisation appelle cela la « Transparence » !
En 2006 le CEPES fait l’objet d’une évaluation par une équipe de 3 experts internationaux (2 sont norvégiens et un finlandais). Les résultats de cette évaluation sont positifs, mais en 2008 l’UNESCO décide de fermer le CEPES.
Les 2 fonctionnaires internationaux seront décentralisés en Afrique et 18 fonctionnaires locaux mis en chômage.
Pourquoi une telle décision ?
L’antenne similaire en Amérique Latine ou les unités qui s’occupent d’enseignement supérieur en Afrique, Asie et pays Arabes ne sont pas proposés pour la fermeture. Pourquoi doit-ont supprimer le CEPES ? Parce qu’il est en Europe ?
Est-ce que la faute est due aux hommes qui dirigent aujourd’hui l’UNESCO et son action (ou plutôt le manque d’action) dans le domaine de l’Education : le DG Matsuura (Japon), son sous-directeur pour l’éducation : l’ADG Bennett (citoyen UK avec des intérêts directs aux USA –maison, entreprise, etc... On l’appelle à l’intérieur du Secrétariat –« Peter Smith-bis »- par le nom de son pitoyable prédécesseur, américain de nationalité et protégé de Laura Bush qui a quitté l’UNESCO en 2007 après un scandale de corruption…, dont il était le principal coupable), Le directeur (français) de la division de l’enseignement supérieur, dont dépend le CEPES, le directeur (canadien anglophone) actuel du CEPES (partira en retraite en avril 2009 en mettant fin à l’existence du CEPES et à l’avenir de son personnel).
Il est intéressant de noter que ceux qui ont décidé de fermer le CEPES sont à une exception près tous les ressortissants des pays anglo-saxons ou leurs alliés.
Ou bien, est-ce peut-être le manque de vision de l’UNESCO (des dirigeants + les Etats membres confondus) pour qui l’éducation doit se limiter à l’apprentissage de base (Education pour tous), qui considère depuis l’an 2000 que l’enseignement supérieur n’est pas une priorité et qui coupe régulièrement le budget prévu pour ce domaine d’action! Vision inculquée par la Banque mondiale dans les années 80 mais qui a déjà été revu en 2002. (Même la Banque a reconnu que l’enseignement supérieur n’est pas un luxe mais un outil essentiel du développement des sociétés de connaissance),
La gestion désastreuse de l’UNESCO et la chasse aux sorcières menées dés l’arrivée de l’actuel et malheureusement encore « DG » conduit à la fermeture pure et simple d’entités entières comme le CEPES (il y a un an, ils ont essayé fermer une autre entité de l’UNESCO, son Institut pour les nouvelles technologies d’information (ayant son siège à Moscou), mais la Russie à protesté fermement). Le Gouvernement roumain a entrepris plusieurs démarches auprès des autorités de l’UNESCO jusqu'à aujourd’hui, en vain.
Mais le manque de vision pour cette organisation internationale, jadis le fleuron du système des Nations Unies, sa « conscience morale » (Federico Mayor), mène à la faillite définitive de l’UNESCO.
L’UNESCO devient vraiment petit (pas seulement par le nombre des gens qui y travaillent: de 3800 en 1980 à 1300 aujourd’hui et peut être 800 demain), mais surtout par l’absence de vision (et d’action) globale dans un monde en crise ou la quête de la sécurité (humaine mais aussi socio-économique et écologique) et des nouvelles perspectives est un impératif pour nous tous.
Il est temps que la France en finisse avec la politique d’abandons des années 2000-2007 ou les intérêts d’aucuns ont conduit à la nomination de ce DG !
Notre Pays doit retrouver le chemin de l’Honneur et de la Grandeur sur la base de ce qui fut ses valeurs au sein de cette Organisation. Le nouveau DG sera le successeur de Don Federico Mayor qui a permis à cette Organisation d’être « La Voix du Monde »!
Aucun candidat de l’intérieur ne pourra être un candidat potentiel, car ils ont toutes et tous trahis l’Esprit et la Lettre du Mandat de notre Organisation !
Il est temps, Monsieur Le Président, que notre Pays soutienne et promeuve une candidature française. S’il devait en être le cas, Monsieur le Président, je suis votre candidat.
Bruno CARNEZ
PS : Je remercie toutes celles et tous ceux qui depuis « la chasse aux sorcières » sont restés en contact et sans qui aujourd’hui nous ne pourrions continuer : Demain sera un autre Jour!
Une urgence : Refondation des Nations Unies
A la fin de la Première Guerre mondiale, Le Président des États-Unis Woodrow Wilson a décidé, en décembre 1918, que l'horreur de la guerre qui venait de finir ne devrait pas recommencer à se produire, et a établi, dans la Convention pour la "paix permanente", la Société de Nations pour "un nouvel ordre basé sur le domaine de la loi fondée sur le consentement des gouvernants et appuyée par l'opinion organisée de l'humanité ".
Malheureusement, il a prévalu, grâce à la pression des producteurs d'armement, l'adagio séculier qui établit que "si tu veux la paix, il (elle) prépare la guerre".
Et, est arrivée, la Deuxième Guerre mondiale ! A la fin de laquelle le Président Franklin D. Roosevelt a dessiné un système multilatéral, les Nations Unies, fondé à San Francisco en 1945. Le Système des Nations Unies comprend, pour seconder les propres activités de l'ONU relatives à la sécurité internationale, des organisations spécialisées au travail (OIT), à la santé (OMS), en alimentation (FAO), pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) ... puis des programmes et des fonds relatifs au développement (PNUD), à l'enfance (UNICEF), etc...
Mais les États les plus forts et prospères ont commencé à se méfier tôt du système de coopération et de coordination internationale, et ils ont substitué par des prêts, les aides au développement. Ils ont progressivement mis à l’écart les diverses institutions du Système des Nations Unies et ce qui est beaucoup plus grave ont substitué les valeurs qui devaient guider le gouvernement international (les "principes démocratiques" si bien établis à la Constitution de l'UNESCO et dans la Déclaration Universelle des Droits de l'homme) par les lois du marché. Et les plus riches se sont associés dans des groupes (G7, G8) en substituant la Démocratie que le multilatéralisme représente par une ploutocratie, en changeant le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ("pour la reconstruction et le développement"!) en des instruments de leurs politiques économiques et en établissant l'Organisation Internationale du Commerce (OIC), dans les années quatre-vingt-dix, directement en dehors du domaine du Système des Nations Unies.
À la fin de la Guerre Froide, le monde attendait une réforme profonde des Nations Unies par la démocratisation des relations internationales, et les "dividendes de la paix" pour réduire les asymétries sociales et pour favoriser, enfin, le développement endogène des pays les plus nécessiteux. Cela n'a pas été le cas et, depuis le principe de la décennie des quatre-vingt-dix, la supériorité des pays les plus riches a imposer la "globalisation" avec la création et l'augmentation de grandes associations patronales en limitant le pouvoir (puissance) - et jusqu'aux responsabilités! - des États, avec des déchirures considérables dans le tissu social. Ainsi promue, l'apparition de bouillon de culture, de frustration, radicalisation et « l'animadversion » ont fréquemment conduit à l'emploi de la violence et aux grands flux d'émigrants (émigrés) désespérés. Comme ère prévisible, ils ont conduit le monde dans une situation de crise profonde dans laquelle apparaît, comme une occasion unique, pour le multilatéralisme de se refonder et de redresser les actuelles tendances.
En conséquence, il est urgent qu’une réunion Extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations Unies se tienne pour établir les critères principaux qui pourraient conduire à son renouvellement en profondeur, en les dotant de l'autorité morale et politique qui sont indispensables pour faire face aux grands défis de notre temps et de la capacité de disposer des ressources personnelles, des financiers, des techniciens et, quand cela sera nécessaire, de militaires, pour l'exercice de ses fonctions à une échelle mondiale. En fonctionnant d’une manière bien coordonnée, l'ensemble du Système des Nations Unies permettrait la prévention des conflits, leur résolution pacifique quand ils se présenteront, l'établissement, le maintien et la consolidation de la paix; le désarmement; de faire face conjointement au terrorisme international et à la délinquance transnationale, ... alors qu'il s'emploierait à résoudre, comme conséquence du dialogue et je conviens à une échelle mondiale, les grandes questions dont dépendra, dans son ensemble, la qualité de vie de tous les habitants de la terre.
"Nous, les peuples des Nations Unies avons résolu d’éviter pour les générations futures l'horreur de la guerre". Ainsi s'initie la Charte des Nations Unies.
Cette formulation, bien interprétée, n'a besoin d’aucun changement. La représentation, ne devrait pas seulement continuer d'être tenue par des États - contre ce qui est établi dans la Charte- mais il serait indispensable que près d’eux mêmes, il existe les représentations de la société civile (des organisations non gouvernementales, intergouvernementales, institutions régionales, des associations de villes, patronales, etc..).
Dans cette ONU refondée, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale s'acquitteraient, en liaison avec l'Organisation Mondiale du Commerce - qui serait déjà une propre institution du système – de leurs fonctions originelles, pour procurer le développement global qui pourrait, dans peu d'années, améliorer substantiellement le panorama à une échelle planétaire. Le Conseil de Sûreté serait établi, comme une émanation directe de l'Assemblée Générale, avec des représentants permanents et une proportionnalité de l'influence sur l'adoption de décisions, mais sans droit de veto, pour aborder les sujets principaux :
Une sécurité humaine, avec la mission fondamentale « d’éviter la guerre », une sécurité économique et sociale, proposée il y a longtemps par Jacques Delors, avec la revitalisation de l'ECOSOC, qui pendant des années a traité presque exclusivement des sujets économiques en donnant un espace très peu abondant et réel au social et enfin une sécurité environnementale.
Seulement de cette façon il sera possible, rapidement, d'éliminer (en portant les transgresseurs devant les tribunaux) les trafics de tous ordres (des armes, de drogues, de capitaux, de personnes!), en procédant à la fermeture immédiate des paradis fiscaux, d'action qui peut être réalisée seulement par l’action d’une Organisation des Nations Unies dotées de l'autorité et des moyens appropriés. "Il n'y avait pas de moyens" pour le fond contre le Sida ni pour l'éradication de la faim et de la pauvreté, mais des centaines de milliers de millions pour "racheter" pour eux-mêmes (des personnes et des institutions), ceux qui ont conduit le monde à la très difficile situation que nous traversons. Maintenant comment "racheter" les gens, si ce n’est en commençant par l'éradication de la pauvreté au moyen d'un grand Plan de Développement Global.
L'action coordonnée des Nations Unies permettrait aussi la disponibilité des ressources en personnel, techniques et humanitaires appropriés pour assister dans les catastrophes naturelles ou produites par l'homme (à ce sujet il est proposé la création « des casques rouges ») pour se déplacer rapidement vers les lieux où leur présence sera plus que nécessaire.
Le dénommé "droit à l'ingérence", y compris quand il parle de "l’humanitaire", n’exprime pas complètement ce qu’il doit considérer comme un devoir de la Communauté Internationale : éviter le génocide, la souffrance interminable, l'humiliation, la torture.
En 1996, nous avions proposé, dans un groupe de travail de l'UNESCO qui incluait Bernard Kouchner et Karel Vasak, que les casques bleus « s’interposent » dans deux types de situations : une violation réelle et massive des droits de l'homme (cas du Cambodge et du Rwanda) et une inexistence de représentation de l'État (comme en Somalie, avec un pouvoir divisé entre « les seigneurs de la guerre »). Les Nations Unies ne peuvent pas permettre de successifs scandales de cette nature qui touchent gravement à la conscience collective.
Il est nécessaire de refonder les Nations Unies qui permettent, comme établi en 1945, de tenir compte des générations futures. Avoir présents, très présents à l’esprit – même s’ils ont été surestimés et même dénigrés- les mouvements de la jeunesse de 1968 et ceux de l’année 2008 en Grèce. Ce ne sont pas des conflits universitaires mais sociaux.
"Nous, les peuples ...", au lieu de "préparer la guerre," nous allons construire la paix quotidiennement avec notre comportement, avec la pleine implication de la société civile qui réclame, d'urgence, des garanties de règles démocratiques et efficientes à une échelle globale. Après avoir nommé madame Susan Rice comme Ambassadrice devant les Nations Unies, directement sous son autorité, le Président Obama a clairement voulu indiquer sa détermination de favoriser le multilatéralisme comme une partie éminente d’une "nouvelle aube", selon ses propres mots, du peuple nord-américain et du monde entier. Ensemble, on y arrivera!
Federico Mayor Zaragoza
Ancien Directeur Général de l’UNESCO
Janvier 2009
Président de la fondation « Cultura de Paz »